Andréa Bescond : "1 enfant sur 5 est victime de violences sexuelles"

Andréa Bescond, une danseuse, comédienne et auteure, mobilise sur les réseaux sociaux pour inciter les parlementaires à supprimer le délai de prescription pour les délits et crimes sexuels, dans une loi qui doit être à nouveau débattue au Sénat.


Andréa Bescond, une danseuse, comédienne et auteure, monté en 2014 "Les Chatouilles", un spectacle autobiographique dans lequel elle joue seule et revient, à travers le personnage d’Odette, sur les viols qu’elle a subis quand elle était enfant. Aujourd’hui, elle mobilise sur les réseaux sociaux pour inciter les parlementaires à supprimer le délai de prescription pour les délits et crimes sexuels, dans une loi qui doit être à nouveau débattue au Sénat.

Elle commence sa tribune dans Le Plus de l'Obs par rappeler tous les faits divers récents dont les victimes étaient des enfants : "Un pédophile récidiviste, professeur de lycée à Chartres, condamné en 1997 et en 2003, a de nouveau agressé un jeune garçon de 15 ans. À Arcachon, un animateur de centre aéré a été mis en examen pour des agressions sexuelles sur plusieurs enfants âgés de 3 à 5 ans. N’oublions pas non plus le scandale du diocèse de Lyon, le père Preynat, le Cardinal Barbarin. Très beau CV d’agresseur pour l’un, de témoin muet pour l’autre. De son côté, Roman Polanski avait été nommé président des César, un choix maladroit qui fait offense aux victimes de violences sexuelles." Il a jetté l'éponge depuis.

Pour autant, le texte sur l’allongement des délais de prescription pour les délits et crimes a de nouveau été rejeté par l’Assemblée nationale le 12 janvier dernier.

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 Andréa Bescond  dénonce un "déni de l’Assemblée nationale et de Sénat face à toutes ces violences sexuelles sur mineurs et à leurs conséquences" et souligne l'existence de l’amnésie post-traumatique, qui pousse la victime mineure au moment des faits à rejeter ses souvenirs, ce qui l'empêche de porter plainte sur le moment :

Ce n’est pas si simple. J’aurais aimé vous y voir, à l’âge de 6, 8, 10 ou 13 ans (coucou Alain Finkielkraut, pour qui il semble nécessaire de préciser qu’à 13 ans, on est encore une enfant). Je me demande comment est-ce que vous auriez réagi après une "petite" sodomie. Attention, une sodomie douce, sans violence, sans cri. Une petite fellation, une petite masturbation face à un adulte qui dit : "Chut mon cœur, c’est notre secret. Et puis, c’est pour te faire du bien."

A ceux qui disent qu'au bout de plusieurs années les traces du viol ont disparues, elle répond "qu'il n’y a pas plus de preuves 15 jours après ces viols que des décennies plus tard. Pourquoi ? Parce que c’est parole contre parole. (...) Il y a un phénomène intéressant en ce qui concerne la mémoire traumatique : quand elle décide de revenir, elle revient avec moult détails sordides qu’on aurait préféré laisser enfouis dans la petite boîte verrouillée au fond du cerveau. On peut alors témoigner très précisément des actes, des lieux, des mots proférés par l’agresseur, des rituels…(...) et un pédophile a rarement une seule victime. Il est bien souvent récidiviste. (...)"

Pour elle, il faut donc impérativement rallonger ce délai de prescription car 38 ans : "Il est très courant en effet que les victimes se confrontent à la réalité tragique de leur passé après l'âge de 40 ans. Ce n’est souvent qu’à partir de ce moment-là qu’une victime peut éventuellement trouver la force d’entamer une procédure judiciaire."

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