Exécution des deux journalistes de RFI : "Envoyé Spécial" révèle ce soir un scandale d’Etat

Les deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, auraient été enlevés et assassinés par Al-Qaïda, et ce, pour se venger d'un versement incomplet de la rançon. Scandale d’Etat en perspective si cette révélation explosive d’“Envoyé Spécial” se confirmait.


Le point de départ, c’est l’enlèvement, le 16 septembre 2010, à Arlit, dans le Sahel, de six hommes et une femme travaillant sur le site minier d’Areva, par un commando d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Direction le massif des Ifoghas au nord-est du Mali, une zone contrôlée par les Islamistes. Sur ces sept employés d’Areva, quatre hommes, Pierre Legrand, Marc Féret, Thierry Dol et Daniel Larribe, vont rester prisonniers pendant trois ans. Lorsque ces quatre ressortissants français sont finalement libérés le 29 octobre 2013, la France se félicite d’avoir récupéré ses otages vivants.

"Envoyé spécial", au terme d’une enquête extrêmement délicate, ponctuée de menaces sur son équipe et la rétractation de certains témoins-clés, révèle une autre histoire, comme le rapporte Télérama.

Opération de sauvetage annulée


Un récit très différent de la version officielle qui, s’il se vérifiait, constituerait un véritable scandale d’Etat qui éclabousserait la présidence de la République, le ministère de la Défense et la DGSE.

"Envoyé spécial" dépeint un fiasco, une guerre des négociateurs, de l’argent qui s’évapore, le refus de la France de payer une rallonge : pendant ce temps, les otages "vivent l’enfer" : "des interrogatoires, des simulacres d’exécution, beaucoup de tirs de kalashnikov. La haine et l’atrocité de ces individus, c’était de la torture", résume l’un d’entre eux.

Le 3 mai 2012, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle, Areva est informée que l’opération de sauvetage est annulée. Le général Benoît Puga, chef de l’état-major de Nicolas Sarkozy (il deviendra celui de François Hollande) a-t-il décidé seul, comme l’affirme le magazine de France 2, d’annuler la mission de libération ? A-t-il fait obstruction à la libération des otages ? Conséquence grave : Abou Zeid, chef des ravisseurs d’AQMI, n’aura plus confiance et Marc Feret et ses camarades resteront otages dix-huit mois de plus.

En arrivant au pouvoir, François Hollande impose une nouvelle doctrine : "La France ne verse pas de rançon pour libérer ses otages". L’enquête met pourtant au jour les sommes versées. La France aurait dépensé plusieurs dizaines de millions d’euros pour libérer ses otages. Trente millions d’euros, tirés des fonds secrets de la République, ont ainsi été versés pour obtenir libération de Pierre Legrand, Marc Féret Thierry Dol et Daniel Larribe le 29 octobre 2013 après 1139 jours de captivité.
Au-delà de cette affaire, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les pays occidentaux auraient versé plus de 120 millions d’euros à AQMI de 2008 à 2013. A elle seule, la France aurait, durant cette période, versé 55 millions d’euros, se plaçant ainsi au premier rang des payeurs.

Détournements d’argent


Il apparaît que la totalité de la somme versée par la France n’est pas allée aux ravisseurs : des témoins-clés évoquent des détournements d’argent. C’est par vengeance que l’organisation terroriste aurait exécuté les deux journalistes français le 2 novembre 2013.
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