"Jeunes avec Marine" : Mensonges à la pelle sur les "privilèges" des migrants face aux Français

Le FN diffuse à l'approche de la présidentielle une série de tracts qui oppose la situation des réfugiés à celle des étudiants, des agriculteurs ou des mal-logés français, le tout avec des "arguments" qui n'ont rien à voir avec la vérité.

DR LE 100

Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen et d'autres leaders du FN, partagent depuis depuis quelques semaines des messages signés "Jeunes avec Marine" qui ont pour spécialité de faire une comparaison biaisée entre la situation des réfugiés à celle des "français". Chaque visuel est partagé des centaines de fois sur les réseaux sociaux, confirmant le caractère viral des fake-news.


L’agriculteur qui tourne à "284 euros par mois" : improbable


Le tract des "Jeunes avec Marine" présente un homme de dos, Pierre, "agriculteur en retraite", qui n'aurait pour vivre "que 284 euros par mois, dommage, il n'est pas migrant". On ne sait pas qui est ce Pierre, mais en France, toute personne de plus de 65 ans peut bénéficier du minimum de l’allocation de solidarité aux personnes âges de 801 euros par mois pour une personne seule et sans revenus. Même si un agriculteur perçoit une pension retraite faible, il peut demander une allocation en complément. Premier argument en carton, donc.

"Les étudiants ne trouvent pas de logements, qui sont réservés aux migrants" : non plus


Un autre visuel présente une jeune fille lilloise, Julie, présentée comme "cherchant un logement en résidence étudiante depuis 2 ans" ici aussi assorti du message "dommage pour elle, elle n'est pas migrante". Sauf que les Centre régionaux des œuvres universitaires (CROUS) gèrent leur parc de logements étudiants de cette façon :

"Les logements sont attribués en priorité aux étudiants déjà logés qui demandent leur maintien dans la même résidence, aux étudiants boursiers gérés par Campus France, aux étudiants de niveau BAC + 5 et plus, puis aux étudiants dont le niveau d’études est le plus élevé."

Pour ce qui est des migrants accueillis à Lille après le démantèlement de la "Jungle" de Calais, ce sont 80 bénéficiaires de l’asile, inscrits par ailleurs à l’université Lille-III.

"L’immigration sature les logements sociaux" 


Un autre visuel présente une maman et son fils dans les bras, présentée comme "dormant dans sa voiture depuis 3 mois", parce que là encore, "dommage pour elle, elle n'est pas migrante".

Déjà, soulignons que les Française bénéficient d’aides (hébergement d’urgence, de transition, de réinsertion par exemple). Une femme avec un enfant ne serait pas privée d'aide par l’Etat.

Deuxième précision : les migrants en situation irrégulière ou en cours de régularisation n’ont pas accès aux logements sociaux. Les réfugiés ne disposent que des logements vacants. Rappelons aussi qu'une personne sans domicile sur deux, 53 %, est de nationalité étrangère, selon les données de l’INSEE en 2012.


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