Panique à droite : Voici le plan d'urgence envisagé si Fillon devait jeter l'éponge

Et si François Fillon était "empêché" de se présenter à l'élection présidentielle ? Le candidat de la droite et du centre a d'ailleurs déclaré jeudi sur TF1 : "la seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen."


Au-delà de la polémique, cette affaire sert de révélateur sur un point fondamental depuis que le principe des primaires s'est imposé en France : quelle est la règle, le "plan B", si un candidat désigné est finalement "empêché" ?

Pas de candidat pour la droite ?


Ni les règles de la primaire de la droite ni celles de la primaire de la gauche ne prévoient un tel scénario. "C'est le grand vide, rien n'est prévu", explique à "La Tribune" un dirigeant des Républicains  qui ajoute "c'est en écoutant Fillon hier soir sur TF1 que l'on s'est rendu compte de cet oubli..." 

 Aux Etats-Unis, à l'issue des primaires, c'est un ticket président/vice-président qui est désigné, aussi, le candidat à la vice-présidence peut remplacer au débotté le candidat président en cas "d'impeachment" de ce dernier. Rien de ceci en France.

Plusieurs hypothèses sont sur la table. Repêcher le finaliste malheureux du second tour de la primaire ? Un élu  LR juge le scénario "plausible".

L'autre hypothèse réside dans l'organisation rapide d'un congrès du parti pour désigner un nouveau candidat mais il y a encore un autre obstacle : la date limite pour le dépôt des 500 parrainages auprès du Conseil constitutionnel. Cette année, la date est fixée au 17 mars. Ensuite, il est trop tard pour présenter un candidat. Ce qui pourrait signifier que si le candidat d'un parti est "empêché" au-delà du 17 mars, sa famille politique n'aurait plus de représentant à l'élection présidentielle.

Va t-on devoir repousser l'élection présidentielle ?


Le Conseil constitutionnel pourrait alors intervenir, aux termes de l'article 7 de la Constitution, modifié en 1976. Il peut choisir de reporter le scrutin si un événement intervient dans les sept jours avant le dépôt des signatures. Cela avait failli se produire en 2012 quand Eva Joly, candidate officielle d'Europe Ecologie-Les Verts avait été hospitalisée à la suite d'une chute.

"C’est fini, non ?"


Le candidat de la droite tient ce dimanche à 15 heures un grand meeting à Paris. Au programme, un discours annoncé par son entourage comme "fondateur" pour galvaniser ses partisans et tenter de redynamiser sa campagne.

Dans le staff de Fillon, l’ambiance est devenue particulièrement lourde, au point que les messages d’alarme affluent spontanément. "Dans l’équipe, ça tangue", rapporte un député LR. "Au QG de campagne, ils sont en PLS", renchérit un membre de l’équipe auprès de l'hebdomadaire "Marianne".

"C’est la sale ambiance, confie une collaboratrice parlementaire. Même les élus les plus fillonistes sont très déçus, parce que tout le monde pensait qu’il était clean. Et même les petits fayots le critiquent, maintenant !" "C’est fini, non ?", interroge carrément un collaborateur du parti LR. Avant de tenter de se rassurer : "Il suffit que rien d’autre ne sorte..."

Un député du sud a déjà constaté un malaise dans sa circonscription : "les gens de droite sont plus embêtés que fâchés, mais ils sont clairement mal à l’aise, raconte-t-il. Pour eux, quelque chose n’est pas clair, même s’ils ont été un peu rassurés par l’intervention de Fillon jeudi." 

Xavier Bertrand, François Baroin ou Laurent Wauquiez à la rescousse ?


A droite, on commente la prestation du candidat à la présidentielle jeudi soir sur TF1 que l’on juge "pas convaincante". Selon des proches, Patrick Stéfanini, directeur de la campagne, aurait d’ailleurs laissé poindre des doutes sur la stratégie que Fillon."Cette histoire est affligeante", glisse même un membre de son équipe de campagne.

Dès mercredi matin, le "Canard Enchaîné" à peine distribué dans les kiosques, un ancien ministre sarkoziste demandait à ses équipes d’examiner la charte de la primaire et les statuts du parti. Dans un but précis : "quel processus pour désigner un candidat de substitution ?" 

Nicolas Sarkozy a fait savoir à BFMTV via des proches que "la question ne se posait pas" ... pour l'instant. Vendredi matin, Juppé avait fait mine d’écarter l’hypothèse... en soulignant qu’ "à l'instant T, la question ne se pose pas, c'est François Fillon notre candidat". Soit à peu près la même réponse, tout que celle de Sarkozy.

Chez les LR, on rêve d’un vote en bureau politique. "Ce serait bien, un jeune", réfléchit déjà un cadre LR. Les noms de Laurent Wauquiez, ou de François Baroin circulent. "Il y en a un autre, fait-on valoir à droite, Xavier Bertrand qui s’est tenu bien en dehors de la primaire, qui a affronté Marine Le Pen aux régionales et l’a vaincue." 

Pour l'instant, tous attendent le premier sondage d’intentions de vote post-Penelope Gate. Il devrait être publié au plus tard lundi matin.
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