"J'ai grandi en banlieue, les policiers m'appelaient bougnoule"

"Bamboula, c’est à peu près convenable", prononcée par Luc Poignant, porte-parole du syndicat Unité police SGP-FO, cette phrasea a provoqué une grosse polémique sur les réseaux sociaux.

"J'ai grandi en banlieue, les policiers m'appelaient bougnoule"
"J'ai grandi en banlieue, les policiers m'appelaient bougnoule" / DR

Beaucoup de Français grandissent entre les insultes et les interpellations abusives et violentes des forces de l'ordre : une situation que connaît bien Hygie, qui a témoigné au "Plus" de "L'Obs"

Ma République chérie


A 7 ans, Hygie habite en banlieue, "pas une banlieue chaude, un quartier tranquille, pavillonnaire" avant de déménager en 14 ans dans une autre ville, "toujours dans un quartier pavillonnaire. Ailleurs dans la commune, des appartements sont empilés par centaines dans de grandes tours entourées de parkings. Mon collège est en zone d'éducation prioritaire (ZEP)."

"T'as encore volé une mobylette avec tes potes, le bougnoule ?"


Avec sa "naïveté d'enfant", Hygie a des idéaux d’adolescent" et "voue une passion à la devise 'liberté, égalité, fraternité' (...) peut-être un peu influencé par les fêtes du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen."

Son père est né en Kabylie et ma mère dans le Béarn. Un jour, alors que la jeune fille part chercher du pain, elle croise un groupe de quatre personnes, "des policiers". Arrivé à leur hauteur, l’un d’entre eux lui lance :

"Où tu cours comme ça ? T'as encore volé une mobylette avec tes potes, le bougnoule ?"

"Le groupe de policiers se marre et continue son chemin." Pour elle, c’est comme "un obstacle qui vient de se dresser devant [sa] victoire imaginaire. [Son] élan est coupé et je cherche à comprendre ce que je viens d’entendre."

"Depuis quand dans ma République chérie, les représentants des forces de l'ordre lancent des insultes racistes, à la volée, à un gamin ?"

À la maison, elle raconte tout à ses parents. Sa mère est triste, son père, "hausse les épaules" et lui "raconte d’autres insultes ou vexations vécues avec l’autorité publique".

S'enfuir, vite


Il lui assure que "le mieux à faire, c’est surtout de ne pas répondre, de les ignorer et de passer son chemin. Vite."

Aujourd'hui, à 25 ans, les valeurs républicaines lui semblent n’être "qu’une belle utopie."

Via "Le Plus"


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