Affaire Théo: Le commissaire d'Aulnay déjà mis en examen pour un scandale de sodomie policière


Le commissaire d'Aulnay-sous-bois, ancien chef adjoint de la brigade anticriminalité de nuit à Paris avait été condamné en 2008 pour "non empêchement d'un délit" dans une affaire de violences policières.

Après la violente interpellation du jeune Théo, quatre policiers ont été mis en examen pour violences volontaires en réunion, et l'un d'eux pour viol. Ils appartiennent à la brigade de sécurité du terrain (BST), elle-même rattachée au commissariat d'Aulnay-sous-bois.

L'actuel commissaire, Vincent Lafon, qui dirige aussi le district nord-est de la Seine-Saint-Denis, a déjà été mis en examen dans une affaire de violences policières.

Le 19 février 2004, Lafon est alors chef adjoint de la brigade anticriminalité (BAC 75N), quand, à Berbès, ses hommes se retrouvent aux prises avec un individu ivre qui frappe sa femme. Alors qu'il s'enfuit en voiture, les policiers le prennent en chasse.

Menace de sodomie

Le conducteur heurte un muret et est donc forcé d'arrêter son délit de fuite. Essayant de redémarrer, il renverse et blesse un policier.

Il est alors "extrait de son véhicule, tabassé, il finit sur le goudron, pantalon et slip baissé, un cerceau d'enjoliveur entre les fesses" selon un compte-rendu de "L'Humanité".

Bilan : un nez cassé et sept jours d'ITT.

Les policiers l'ont "menacé de sodomie", se plaint alors l'homme. La scène a été filmée, mais l'inspection générale des services (IGS), saisie, ne trouvent aucune image — elles auraient toutes été détruites.

Une information judiciaire est ouverte pour violences aggravées. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, dénonce "les brebis galeuses de la police". Le commissaire Vincent Lafon est mis en examen pour "non empêchement d'un délit" et est suspendu pour "faute de commandement". Le parquet qualifiera l'affaire de "honte de la BAC parisienne".

Le policier qui a reconnu avoir "placé l'enjoliveur entre les cuisses" du conducteur est condamné à un an de prison avec sursis et trois ans d'interdiction professionnelle. Un autre, reconnu coupable de "destruction de documents pour faire obstacle à la manifestation de la vérité" prend dix-huit mois d'emprisonnement.

Lafon écope d'un an de prison  avec sursis et autant d'interdiction professionnelle — pour "abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit."

"Qu'une interpellation soit rugueuse, c'est une chose. Mais là, il s'agissait d'un sérieux dérapage, pour ne pas dire autre chose !" commente un policier de la BAC.

La commissaire Lafon arrivera à Aulnay en 2014.





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