Blog — Il est plus que jamais nécessaire d’ouvrir le débat sur l’identité et le communautarisme


Publié par Edouard Fouquet

A l'occasion de la campagne présidentielle, l’identité nationale est pour la première fois au centre des priorités des Français. Confrontée aux tensions communautaires- dont la polémique sur le burkini est un exemple - la France s’interroge sur son identité et sa culture. Pourtant, ce débat légitime peine à gagner en consistance.

La place de l’islam est aujourd’hui au centre de toutes les attentions. La réelle nouveauté réside dans le fait que contrairement à d’autres religions, l’islam mêle spiritualité et revendications politiques. En 2015, les revendications religieuses ont ainsi doublé selon l’Observatoire du fait religieux en entreprises (OFRE). Arrivent en tête les demandes d’absence pour une fête religieuse, le port de signe ostentatoire comme le voile ou encore des aménagements de temps de prière. L’organisme rapporte également des incidents plus préoccupants comme le refus de travailler avec une femme qui se manifeste notamment dans les hôpitaux où la volonté de voir les femmes traitées par des médecins de sexe féminin s’exprime de plus en plus.

Pour faire autorité, la lutte contre le communautarisme doit être nationale


C’est dans ce contexte tendu que le débat sur le voile refait surface, se crispant sur le très symbolique burkini, perçu comme une provocation communautaire. Pour rappel, le premier arrêté municipal interdisant le port du burkini a été pris en Corse suite à la rixe de Sisco pour prévenir les échauffourées liées aux tensions communautaires. En effet, en juillet dernier, une famille d’origine maghrébine s’approprie une plage à proximité du village de Sisco. C’est alors suite à des incidents avec les touristes et les habitants que quelques hommes du village sont descendus sur place pour en découdre…

Il est facile de se moquer ou de s’indigner de ces arrêtés pris par les élus locaux ou de l’action des policiers essayant de déterminer ce qui est une « tenue ostentatoire » et ce qu’il ne l’est pas. Pourtant ces polémiques sont révélatrices d’une chose : actuellement ce sont les maires, les policiers municipaux, les chefs d’entreprises ou encore le personnel d’établissements publics qui se retrouvent seuls à gérer localement cette montée en puissance du communautarisme. Or la réponse pour être audible et faire autorité doit être nationale.

Dès lors, un débat s’impose afin de procéder à une véritable mise à jour de la législation ; pas seulement sur le burkini mais sur la totalité des questions touchant à l’identité, au communautarisme, et à la laïcité. Depuis 1905, la société a évolué et les principes qui avaient été construits à l’époque par rapport à la seule Eglise catholique doivent aujourd’hui être mis au goût du jour. En revanche, ce débat ne peut aboutir qu’à condition que chacun quitte ses postures politiciennes.

Trop souvent l’ « argument » de la « droitisation » est brandi, on reproche alors à quiconque qui avance des propositions sur ces sujets de « courir derrière le FN »,  ou de « dériver vers l’extrême droite » et bien souvent le débat en reste là. Pourtant refuser de débattre sur ces questions aujourd’hui, c’est condamner le pays à s’enliser à nouveau dans des polémiques à répétition !

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