Présidentielle : Fillon destitué par son camp d'ici 48 heures


En coulisses, la destitution de François Fillon s'organise. Le candidat de la droite devrait être contraint d'abandonner la campagne en début de semaine.

Le reportage tourne en boucle sur les chaînes info : a Neuilly-sur-Seine, fief des Républicains longtemps acquis à Nicolas Sarkozy qui en fut le Maire, on ne décolère pas. Bourgeoise, en majorité catholique, la population se sent, de l’aveu même de son élu municipal LR, Franck Keller, "profondément choquée et déçue". Alors que la droite affiche une unité de façade, il est l’un des rares à avoir affirmé qu’il n’y croit plus et qu’il faut demander à François Fillon de renoncer.

"Tout cela doit s’arrêter très vite. Si cela se poursuit tout au long de la semaine qui s’annonce, la campagne est finie pour notre formation politique. La droite ne sera pas au second tour de la Présidentielle. Et les Législatives seront, pour notre camp, un désastre !", souligne-t-il.

Débrancher Fillon n'est plus qu’une question d’heures


Franck Keller a fait de la moralisation de la vie politique son cheval de bataille. "J’assume, assène-t-il. On ne peut pas engager les Français dans un projet politique leur annonçant ‘du sang et des larmes’ pour sauver le pays et se retrouver ainsi, face à tous ceux qui souffrent, confronté à de telles révélations. C’est l’éthique, la probité et la rigueur affichées qui, selon moi, ont convaincu les électeurs de droite de plébisciter François Fillon. Aujourd’hui, ils se sentent floués. Si vous saviez combien sont venus me remercier, soulagés, qu’enfin quelqu’un ose dire leur sentiment !"

Georges Fenech, sarkozyste pur et dur, n’a pas hésité non plus à prendre la parole pour demander officiellement le retrait de François Fillon. Franck Keller "attends qu’une déclaration officielle pour lancer la campagne de Baroin, nous confie, sous couvert d’anonymat, une cadre parisienne piaffant d’impatience. Mais pour l’instant rien ne vient …"

Débrancher François Fillon n'est plus qu’une question d’heures, selon les informations exclusives de "VSD". "S’il n’y avait pas eu l’attentat du Louvre, ce serait déjà fait, estime une députée. Gérard Larcher devait lui parler." 

"Plus aucun ténor du parti n’accepte les invitations des chaînes de télé, révèle encore cette élue. A part Eric Woerth, qui a bien voulu aller faire du cinéma à Chantilly ce week-end, tout le monde attend l’annonce officielle…"

Si la décision de la destituion se fait tant attendre, c’est parce que la suite des opérations est encore floue. "Cette affaire a mis en évidence un fait majeur, reprend Franck Keller : pour les Français, la restauration de l'éthique en politique ne peut plus attendre. Il faut que les élus acceptent de se plier à des règles de contrôle strictes. C’est à ce prix qu’on sauvera le débat démocratique."

Des plans b, il n’y en ait pas. On avance, en coulisses, les noms de François Baroin ou Laurent Wauquiez, dont les noms de domaines ont été créés en fin de semaine.

A droite, on apprend, par cœur, le texte  qu’il va falloir déclamer aux médias lors de l’annonce officielle, "celle que fera très bientôt François Fillon lui-même : pour dire qu’il jette l’éponge, devant la gravité des faits qui lui sont reprochés, pour laver son honneur ou quelque chose d'approchant (...) A priorien tout début de semaine, confirme encore un membre du parti : lundi, plus vraisemblablement mardi…"
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