Les quatre affaires qui pourraient faire tomber la campagne de Marine Le Pen

En pleine campagne présidentielle, Marine Le Pen traîne plusieurs enquêtes judiciaires.


Marine Le Pen s'est lancée dans la course à la présidentielle avec plusieurs enquêtes judiciaires derrière elle.

La justice a récemment ouvert une information judiciaire au sujet de soupçons d'emplois fictifs d'assitants parlementaires européens, impliquant la présidente du Front national.

Son directeur de campagne, David Rachline, a déjà assuré que Marine Le Pen ne renoncera pas même si elle est mise en examen. La candidate frontiste n'est pas visée par une mais quatre enquêtes, et que d'autres affaires pourraient plomber sa campagne.

L'affaire des assistants au Parlement européen


Au Parlement européen, le FN a 23 députés. Chacun a une cagnotte mensuelle de 21 379 euros pour rémunérer ses assistants parlementaires. En 2015, les instances dirigeantes du Parlement européen ont saisi l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) pour des soupçons d'emplois fictifs : au lieu d'épauler les eurodéputés à Strasbourg et à Bruxelles, 20 assistants parlementaires frontistes travailleraient en réalité pour le parti à Nanterre.

Leurs noms apparaissent en effet dans l'organigramme du parti et certains d'entre eux, pourtant tenus de vivre à Bruxelles :

"Moi, par exemple, j’ai été payé à moitié par le Parlement européen alors que je n’ai jamais mis les pieds à Strasbourg ou à Bruxelles", a reconnu anonymement l'un des assistants parlementaires, auprès de L'Express.

Au total, le préjudice s'élèverait à 7,5 millions d'euros, pour une période allant de 2010 à 2016.

Le FN s'est depuis défendu :

"C'est une opération politique directement pilotée par François Hollande et Manuel Valls, dans le but d'entraver, de surveiller et d'intimider l'opposition patriote".

L'Olaf a sommé Marine Le Pen de rembourser 339 000 euros à l'UE. La présidente du Front national avait jusqu'au 31 janvier pour rembourser cette somme, ce qu'elle n'a pas fait.

Le Parlement européen va retenir la moitié de son indemnité parlementaire et la moitié de ses frais de séjour, jusqu'au remboursement total des sommes réclamées.

Le Parlement européen a aussi saisi la justice française : une information judiciaire a été ouverte, le 15 décembre, pour abus de confiance et recel, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Des faits qui pourraient, selon Le Monde, être assimilés à du financement illégal de parti politique.

L'affaire du financement des campagnes 


Le FN est soupçonné d'avoir mis en place des "pratiques frauduleuses" pour financer ses campagnes électorales depuis 2011.

Riwal est soupçonnée d'avoir vendu des kits aux candidats investis par le FN, contenant des tracts et des affiches, à des coûts largement surfacturés. Ces kits, imposés à tous les candidats frontistes, leur étaient fournis via le micro-parti Jeanne, qui leur prêtait l'argent nécessaire à cet achat avec un taux d'intérêt de 6,5%.

Tous les frais de campagnes sont ensuite remboursés par l'Etat si le candidat obtient plus de 5% des voix. Les candidats remboursaient alors Jeanne, en incluant des intérêts. Le micro-parti de Marine Le Pen gagnait alors environ 1 000 euros par kit.

A cela, s'ajoutent les bénéfices de Riwal dûs à la surfacturation des kits... au préjudice final de l'Etat.

Trois procédures sont en cours. La première a abouti à la mise en examen de sept personnes et trois personnes morales pour escroquerie, recel d’abus de biens sociaux, faux et usage de faux.

La justice ouvre une seconde enquête en octobre 2016, qui porte sur plusieurs campagnes entre 2014 à 2016, ainsi qu'une troisième sur les régionales de 2015.  L'enquête a été confiée à la brigade financière.


Son patrimoine sous-estimé

Marine Le Pen et son père sont députés européens. Ils sont tenus de transmettre des déclarations de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L'autorité administrative les soupçonne d'avoir sous-évalué leur patrimoine détenu en commun, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud. Cela représenterait plus d'un million d’euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d’euros pour sa fille, rapporte France Info.

Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire il y a un an. Le fisc leur réclame près de 3 millions d’euros.

Marine Le Pen risque une peine allant jusqu'à trois ans de prison, 45 000 euros d'amende et de dix ans d'inéligibilité.

Les emprunts russes


Le FN s'est tourné vers une banque russe pour un emprunt de 9 millions d'euros en 2014. En s'appuyant sur un échange de textos entre un responsable du Kremlin et un proche de Vladimir Poutine, publié par des hackers, Mediapart pense avoir révélé en avril 2015 un lien entre le prêt russe du FN et le soutien du parti à la politique russe en Ukraine et en Syrie. Des faits qui viennent alimenter la thèse d'un financement du Front national par un Etat étranger... ce qui est interdit par le droit français.

Une commission d'enquête parlementaire a été ouverte.





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