Marine Le Pen accusée de "fascisme" après ses propos polémiques sur les fonctionnaires

 Marine Le Pen accusée de "fascisme" / DR

François Hollande et le syndicat de policiers Alliance ont dénoncé lundi les menaces proférées par Marine Le Pen à l'égard des fonctionnaires.

"Assumer le poids de ces méthodes illégales"


Après avoir refusé la semaine dernière d'être entendue par les policiers dans l'affaire des assistants parlementaires FN, la candidate frontiste s'est attaquée aux magistrats, "L'Etat de droit est le contraire du gouvernement des juges. Les magistrats ne sont pas là pour faire la loi, ni pour contrecarrer la volonté du peuple", avant de s'en prendre aux fonctionnaires.

"Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d’Etat, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’Etat que nous voulons sera patriote."

"Inacceptable", a souligné le Premier ministre Bernard Cazeneuve. "Le respect du droit, le respect des principes du fonctionnement de l'Etat doivent être la boussole de ceux qui sont candidats à l'élection présidentielle". Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a quant à lui lancé que "Marine Le Pen [devrait] refaire des études de droit. Les juges sont là pour interpréter les textes, la loi fixe le cadre général et c'est le juge qui donne la force de sa valeur par l'interprétation".

François Hollande a lui aussi répondu à Marine Le Pen lundi lors d'une visite au siège du Grand Orient de France : "Je n'accepterai jamais que l'on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu'ils appliquent la loi et qu'ils font en sorte que la justice puisse travailler".

Ce matin sur France Inter, l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti a dénoncé de son côté le "fasciste" de la candidate du FN. "Il faut mettre des mots sur ce type de propos et sur cette idéologie. Ce type de propos, c'est du fascisme".

"Madame Le Pen dit [...] qu'elle va exiger des fonctionnaires qu'ils prêtent allégeance au Front national si jamais elle arrive au pouvoir. Ça veut dire qu'il n'y a plus de séparation des pouvoirs. Ça veut dire que ce qu'elle propose, c'est un système fasciste."

Le syndicat de policiers Alliance a également dénoncé les "propos menaçants prononcés par une candidate à la mandature suprême" visant les fonctionnaires.


Fourni par Blogger.