A Bercy, Benoît Hamon joue le rassemblement contre "le parti de l'argent" et le "racisme"

Meeting de Bercy : la campagne de Benoît Hamon repart avec une dynamique certaine

Benoît Hamon a réussi à remplir Bercy où il a prononcé un discours remarqué, ancré à gauche, avec pour objectif d'impulser un nouvel élan à sa campagne, à la peine depuis quelques semaines.

Bercy s'annonçait comme le meeting de la dernière chance Benoît Hamon, qui peine à faire décoller sa campagne près de deux mois après avoir été investi à l'issue de la primaire organisée par le PS.

Après avoir détaillé son programme jeudi et avant de débattre lundi soir sur TF1 face à ses principaux adversaires, Benoît Hamon devait parvenir à endosser un costume de présidentiable hier à Bercy, avec le soutien de grandes personnalités de la gauche présentes à ses côtés, aux premiers rangs desquels l'écologiste Yannick Jadot, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem et l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, de membres du gouvernement (Matthias Fekl, Thierry Mandon, Laurence Rossignol, Emmanuel Cosse...) et d'anciens candidats de la primaire (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon).

"Tout commence aujourd'hui, tout commence avec vous, tout commence par vous", a clamé le candidat socialiste sous les applaudissements des 20.000 personnes présentes.

Benoît Hamon a su marquer les esprits en faisant respecter une minute de silence en hommage aux victimes des attentats. Il a également réussi à prendre de la hauteur en multipliant les références historiques, en évoquant la gravité de la situation internationale, ou en livrant "sa vision de la République et de la France".

Une France "ouverte, généreuse, solidaire, innovante"


Le candidat socialiste s'est aussi montré particulièrement ferme face à ses détracteurs alors que le matin même Manuel Valls a fait paraître une tribune assassine dans le Journal du dimanche dans laquelle il attaquait Benoît Hamon et son programme empreint selon lui d'un "cynisme ambiant où l’on promet tout et son contraire, où l’on signe des chèques en bois". "Moi, en tant que Breton, je sais garder la nuque raide", a-t-il encore répondu en assurant que "ces dernières semaines n'ont ébranlé aucune de (s)es convictions".

Benoît Hamon a également voulu jouer la carte du rassemblement en faisant applaudir François Hollande, Bernard Cazeneuve et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian pour leur action contre le terrorisme.

A l'opposé de la droite et l'extrême droite, le candidat a voulu se poser en défenseur d'une France "ouverte, généreuse, solidaire, innovante" qui ne résume pas à celle "des Choristes et d'Amélie Poulain".

Faisant allusion à la célèbre tirade de François Hollande, lors de son discours du Bourget en 2012, contre la finance, un "ennemi" qui n'a ni "nom", ni "visage", M. Hamon a aussi dénoncé le "parti de l'argent" qui a "trop de candidats" dans cette campagne présidentielle", une flèche en direction des candidatures d'Emmanuel Macron et de François Fillon.
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