Clause Molière: La mesure forçant les ouvriers à parler français sur les chantiers déclenche une polémique


La "clause Molière", disposition adoptée dans plusieurs régions françaises imposant aux ouvriers de parler français sur les chantiers publics soulève une polémique.

Six des treize régions françaises ont voté cette "Clause Molère" pour s'assurer du respect des consignes de sécurité et lutter contre les effets d'une directive européenne qui autorise le recours temporaire à des travailleurs détachés venant de l'Union européenne.

"Brigade de contrôle" et "préférence nationale"


Vincent You, élu municipal conservateur d'Angoulême s'agace des accusations de discrimination :

"En tant que maître d’ouvrage, je suis responsable du chantier et de la sécurité sur ce chantier. Il n’y a rien de plus dangereux qu’un chantier où les gens ne se comprennent pas", a-t-il dit à l'AFP.

Un des promoteurs les plus acharnés de la clause, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (LR), a même mis sur pied cette semaine une "brigade de contrôle", qui veut lutter contre "la concurrence déloyale que représente l'emploi des travailleurs détachés" et "d'apporter la démonstration que la préférence nationale".

A l'oposée, le Premier ministre Bernard Cazeneuve (PS) a dénoncé une "mesure ouvertement discriminatoire".

Initiative "franchement à vomir"


Symbolisé par la figure du "plombier polonais" par les partisans du "non" au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, le détachement permet à une entreprise de l'UE d'envoyer ses salariés en mission dans les autres pays européens à condition que le salaire minimum du pays d'accueil soit respecté et les cotisations sociales des salariés payées dans le pays d'origine.

De façon plutôt étonnante, Marine Le Pen s'est prononcée contre cette "Clause Molière", y voyant l'expression d'un "patriotisme honteux" alors qu'elle défend haut et fort la "préférence nationale".

Et une fois n'est pas coutume, les syndicats de salariés rejoignent le patronat, la CGT dénonçant une intention visant à marcher sur "les traces du Front national" tandis que la CFDT évoquait une initiative "franchement à vomir".
Fourni par Blogger.